Pour la deuxième année consécutive, l’équipe nationale suisse d’inline hockey s’impose sur la scène européenne. Et cette fois, le titre a une saveur toute particulière : c’est à domicile, à Rossemaison, devant son public, que la Suisse est allée chercher son nouveau sacre. Au terme d’un week-end presque parfait, les hommes de Roy Bay décrochent le titre face à l’Allemagne et confirment que, derrière les résultats, c’est peut-être avant tout la force d’un groupe qui fait la différence.
Un seul match nul. Et justement face à l’Allemagne.
Pour le reste, la Suisse aura réalisé un parcours quasi sans faute durant ce Championnat d’Europe organisé à Rossemaison, avant de retrouver son voisin allemand pour l’ultime confrontation du week-end. Une finale qui avait presque des airs d’évidence tant les Suisses ont affiché maîtrise, engagement et solidarité tout au long de la compétition.
Et jouer à domicile apporte forcément quelque chose de particulier. Les encouragements du public, les visages connus autour du terrain et cette volonté supplémentaire de décrocher le titre devant les siens : tout était réuni pour rendre ce rendez-vous européen encore un peu plus spécial.
Pourtant, du côté du staff helvétique, personne n’avait l’intention de considérer quoi que ce soit comme acquis.
« Il y a une bonne ambiance et il y a vraiment des joueurs stars », confiait Rebecca, membre du staff médical, sans cacher sa confiance envers les joueurs de Roy Bay.
Quelques mots qui pourraient simplement évoquer le talent individuel présent dans cette sélection. Mais lorsqu'on écoute ceux qui vivent avec cette équipe de l'intérieur, on comprend rapidement que sa force semble se trouver ailleurs.
« Avec cette équipe, il y a quelque chose qui fait que tu es capable de te dépasser. Tu ne te sens pas seul », explique Patrice Pfirter, membre du staff technique.
Et en entendant cela, votre rédactrice avait bien de la peine à imaginer une autre fin à ce week-end européen.
Car derrière les sourires, l’ambiance et la confiance affichée, Roy Bay est resté concentré sur son objectif jusqu’au bout.
Pas question de sous-estimer un adversaire. Pas question non plus de négliger ces petits détails qui, dans les grands rendez-vous, peuvent faire basculer un match.
Le travail avait d'ailleurs commencé bien avant le premier coup de sifflet du Championnat d'Europe. Lors du dernier camp précédant la compétition, une préparation mentale particulièrement intense avait été proposée au groupe. L’objectif : préparer les joueurs à gérer la pression, les émotions et ces réactions parfois trop spontanées qui peuvent coûter cher lorsque l'enjeu devient important.
Une recette exigeante, mais qui semble désormais faire partie intégrante de l’identité de cette équipe.
Sur le terrain, la Suisse a répondu présente. Et lorsqu’il a fallu retrouver l’Allemagne pour le match décisif, après avoir concédé face à elle le seul match nul de son parcours, les Helvètes ont su faire ce qu’ils étaient venus chercher : gagner.
La performance prend encore une autre dimension lorsqu’on sait qu’environ un tiers de l’effectif a été renouvelé depuis le précédent sacre.
Intégrer de nouveaux joueurs tout en conservant les automatismes, l’état d’esprit et cette capacité à se dépasser collectivement n’avait donc rien d’évident. Pourtant, la dynamique semble avoir survécu aux changements de visages.
Peut-être est-ce finalement là que se trouve la plus belle réussite de Roy Bay et de son staff : avoir construit quelque chose qui dépasse une simple composition d’équipe.
Des individualités fortes, certes. Des joueurs capables de faire la différence, évidemment. Mais surtout un groupe dans lequel, comme le résume Patrice Pfirter, « tu ne te sens pas seul ».
Et lorsqu’arrive le moment de jouer un titre européen, cela compte peut-être autant que le talent.
La Suisse conserve donc son titre européen et signe son Back to Back.
Mais celui-ci restera forcément particulier. Parce qu’il a été remporté en Suisse. Parce qu’il a été remporté à Rossemaison. Et parce que pouvoir célébrer un titre européen devant son public donne à une victoire internationale une dimension supplémentaire.
Ce deuxième sacre consécutif vient également offrir au inline hockey suisse un autre symbole particulièrement fort : il s’agit du deuxième Back to Back international de l’année.
Une confirmation du travail accompli, mais également un résultat que l’on peut pleinement savourer au regard du renouvellement de l’effectif et de l’exigence affichée durant toute la préparation.
Une équipe change. Des joueurs arrivent, d’autres passent le témoin. Mais lorsque l’état d’esprit demeure, l’histoire peut continuer.
Et cette fois, cette histoire s’est écrite à la maison, à Rossemaison.
Championne d’Europe. Encore.
Back to Back. Encore.
Et devant son public.